Finalistes 2026
Lori Blondeau
Lori Blondeau est une artiste contemporaine influente d’ascendance crie, saulteaux et métisse de la Saskatchewan, au Canada (territoire du Traité no 4). Depuis les années 1990, elle cultive une approche artistique interdisciplinaire qui réunit prestation, photographie et art de l’installation. Parallèlement à ses activités créatives, Mme Blondeau a joué un rôle essentiel au sein de la communauté artistique autochtone à titre de cofondatrice et directrice générale du collectif d’art autochtone TRIBE, contribuant ainsi à mettre de l’avant l’importance de l’art et du savoir autochtones au Canada. Ses performances marquantes, dont We Want to be Like Barbie that Bitch has Everything (1995), Are You My Mother? (2002), States of Grace (2007) et Plains Horizon (2024), témoignent d’un engagement profond envers les thèmes de l’identité et de la culture. Ses œuvres photographiques, telles que COSMOSQUAW (1996), Lorely Surfer Squaw (1997) et Asinîy Iskwew (2016), se distinguent par un mélange percutant de précision, d’humour et de force. Les œuvres de Mme Blondeau ont été présentées dans de nombreuses expositions solos et collectives, affirmant sa place de figure incontournable de l’art contemporain. En plus de sa pratique artistique, elle est professeure agrégée à l’École d’art de l’Université du Manitoba depuis 2018, où elle accompagne les artistes de la relève. En 2021, elle a reçu le prestigieux Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, venu souligner l’importance de sa contribution au monde de l’art au Canada et ailleurs dans le monde. Nomination par Leah Taylor |
Sara Cwynar
Sara Cwynar est une artiste qui travaille dans les domaines de la photographie, de la vidéo et de l’art de l’installation. Elle est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de l’Université Yale et d’un baccalauréat en design de l’Université York. Parmi ses projets, citons : Alphabet à l’Institute of Contemporary Art de Boston (2025); Baby Blue Benzo à la galerie 52 Walker, à New York (2024); une commande pour la Biennale Performa, à New York (2021); l’exposition S/S 23 au Foam Photography Museum d’Amsterdam (2023); Apple Red, Grass Green, Sky Blue à l’Institute of Contemporary Art de Los Angeles (2022); Source au Remai Modern de la Saskatchewan (2021); L’image volée au Fondazione Prada, en Italie (2016); et Greater New York au MoMA PS1, à New York (2015 et 2016). Les œuvres de Mme Cwynar se trouvent, entre autres, dans les collections du MoMA, du Centre Pompidou, du Museum MMK Für Moderne Kunst, du Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO) et du Musée des beaux-arts du Canada. En 2025, elle a reçu une Bourse Guggenheim. Nomination par Emmy Lee Wall |
Rosalie Favell
Riche d’une éminente carrière s’étendant sur plus de 40 ans, l’artiste métisse originaire de la rivière Rouge, Rosalie Favell, a influencé des générations d’artistes autochtones et non autochtones. Inspirée par ses racines familiales et son enfance à Winnipeg, elle puise dans diverses sources, comme les albums de famille et la culture populaire, pour aborder des thèmes d’émancipation en tant que femme autochtone contemporaine. En utilisant la photographie, la peinture et la vidéo, elle traite de la complexité de son patrimoine métis et de son identité 2SLGBTQ+ avec humour et ambiguïté. Ayant exposé son travail au Canada et à l’étranger, Mme Favell a vu ses œuvres intégrer de nombreuses collections prestigieuses, comme celles du Musée des beaux-arts du Canada et du Smithsonian National Museum of the American Indian.
Nomination par Ryan Rice |
Sandra Semchuk
Sandra Semchuk, née en 1948 à Meadow Lake, en Saskatchewan, est une artiste photographe chevronnée, dont les œuvres alliant photo, vidéo et écriture ont exercé une influence durable et marquante sur la photographie contemporaine au pays. Depuis plus de cinquante ans, sa pratique a élargi la compréhension de la photographie comme médium relationnel, éthique et d’engagement critique, en abordant l’identité, la mémoire, la famille et la dynamique du colonialisme.
Mme Semchuk a obtenu un baccalauréat en beaux-arts de l’Université de Saskatchewan en 1970 et une maîtrise en beaux-arts (photographie) de l’Université du Nouveau-Mexique en 1983. En 1971, elle fait partie des membres fondateurs de la Photographers Gallery à Saskatoon, l’un des premiers centres d’artistes autogérés du Canada consacrés à la photographie. À une époque où cette technique était souvent marginalisée au sein des institutions d’art contemporain, la Photographers Gallery a été déterminante pour faire reconnaître la photographie comme pratique artistique essentielle. De plus, le rôle pionnier de Mme Semchuk a contribué à l’essor de la culture des centres d’artistes autogérés et du discours photographique à l’échelle nationale.
La collaboration et les relations à long terme sont au cœur du travail de Mme Semchuk. Sa fille Rowenna, son père Martin et son second partenaire, l’artiste Rock Cree James Nicholas, sont devenus des collaborateurs fidèles, dont la présence a façonné à la fois le contenu et sa méthode. En situant la famille et l’intimité au centre de son travail, Mme Semchuk a remis en question les conventions liées à l’objectivité photographique et au rôle de l’auteur par l’utilisation de la photographie comme moyen d’autoquestionnement, de dialogue et d’engagement éthique. Ses projets réalisés en collaboration avec James Nicholas sont particulièrement marquants pour leur examen soutenu du colonialisme considéré comme une condition vécue et relationnelle ancrée dans le lieu, la responsabilité et la responsabilisation.
Bien que ses débuts prennent racine dans les Prairies canadiennes, Mme Semchuk vit à Vancouver depuis de nombreuses années, et sa carrière est solidement établie sur les scènes nationale et internationale. Son travail a été largement exposé au Canada et à l’étranger, notamment au Musée canadien de la photographie contemporaine (Ottawa), à la Presentation House Gallery (Vancouver), à la Morris and Helen Belkin Art Gallery (Vancouver), à la MacKenzie Art Gallery (Regina), au Museum London et à la galerie Urban Shaman (Winnipeg). Elle a exposé ses œuvres à l’international, entre autres, au Museum of Modern Art (New York), au San Francisco Museum of Modern Art et au Center for Creative Photography (Tucson).
En 1998, la Presentation House Gallery a organisé l’événement How Far Back Is Home…, une grande rétrospective marquant les 25 ans de carrière de Mme Semchuk. Son exposition Ithin-eh-wuk: We Place Ourselves at the Center, axée sur ses collaborations avec James Nicholas, a été présentée dans de nombreux établissements. Elle est largement reconnue pour son apport important aux échanges sur les relations entre autochtones et colonisateurs dans l’art contemporain.
Les œuvres de Mme Semchuk font partie de nombreuses collections publiques, dont celles du Remai Modern, du Musée des beaux-arts du Canada, de la Vancouver Art Gallery et de la Banque d’art du Conseil des arts du Canada, et d’autres importantes collections internationales. Sa publication savante The stories were not told: Canada’s First World War internment camps (The University of Alberta Press, 2019) déborde de sa pratique photographique pour s’intéresser aux recherches historiques et à la recherche engagée.
En 2018, Mme Semchuk a reçu le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques en reconnaissance de sa contribution durable à l’art canadien. De 1987 à 2018, en parallèle à sa carrière artistique, elle a enseigné à l’Université d’art et de design Emily-Carr, influençant des générations d’artistes par son engagement en faveur d’une approche photographique critique et socialement engagée. Par son travail d’artiste, de collaboratrice, de formatrice et de bâtisseuse d’institutions, elle a contribué de manière essentielle à façonner la photographie au Canada en tant que pratique critique et socialement ancrée.
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Nomination par Michelle Jacques
Karen Stentaford
Karen Stentaford (elle) est une artiste et une enseignante qui vit à Sackville, au Nouveau-Brunswick, au sein de la communauté Mi’kma’ki. Elle se spécialise dans la photographie grand format et le procédé au collodion humide. En utilisant plusieurs techniques photographiques, elle explore les lieux, les relations avec la terre et l’environnement, ainsi que les liens avec la communauté. Sa pratique est ancrée dans la photographie lente, la répétition et la vue rapprochée. Depuis 2013, elle mobilise les communautés par l’intermédiaire de la photographie participative grâce à son œuvre Photomatic Travelling Tintype Studio. Elle a obtenu un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Mount Allison, un baccalauréat en éducation (spécialisé en arts visuels) de l’Université NSCAD et Mount Saint Vincent, ainsi qu’une maîtrise en photographie de l’Edinburgh College of Art. Elle est actuellement professeure agrégée à la Pierre Lassonde School of Fine Arts de l’Université Mount Allison. Nomination par Jane Walker |